Au lycée Pierre Loti, certaines semaines laissent une empreinte particulière.
Parce qu’elles mobilisent toute une communauté. Parce qu’elles donnent du sens à ce que l’école transmet au quotidien. Et parce qu’elles permettent, à hauteur d’enfant comme à hauteur d’adulte, de mettre des mots sur des réalités essentielles.
Autour de la Journée internationale des droits des femmes et de la Semaine de l’égalité filles-garçons, l’établissement a vécu, de la maternelle à la terminale, une série d’actions fortes, sensibles et engagées.
Lectures, débats, expositions, stands, jeux, ressources documentaires, interventions, projections… autant de formats complémentaires pour ouvrir le dialogue, déconstruire les stéréotypes et faire de l’égalité un sujet vivant, concret et partagé.
Le vendredi 13 mars 2026, les élèves de la maternelle à la terminale, mais aussi l’ensemble du personnel de l’établissement, ont été invités à participer à l’action “Tout.e.s en violet”, autour d’un mot d’ordre simple et fort :
“Tout.e.s en violet, défends l’égalité.”
Cette journée a donné une visibilité forte à l’ensemble des actions menées, en faisant de la couleur violette un symbole d’engagement collectif.
Au-delà du geste, c’est surtout le message qui a compté : montrer que l’égalité filles-garçons n’est pas une thématique ponctuelle, mais une valeur éducative à faire vivre ensemble.
Et parfois, ce sont les enfants qui en donnent la plus belle définition.
À la BCD de Beyoğlu, lorsqu’une séance a été introduite autour de la journée “Tout.e.s en violet”, un élève de CE1 a spontanément lancé, très sérieusement :
« Ah ben demain, moi, je ne viendrai pas à l’école… parce que je n’ai aucun habit violet ! »
Une remarque qui a fait sourire, bien sûr, mais qui a aussi permis de rappeler l’essentiel : l’important n’était pas tant d’avoir du violet à porter que de comprendre et partager le sens de cette mobilisation.
Entre le 9 et le 19 mars 2026, les deux BCD de Tarabya et de Beyoğlu se sont transformées en véritables espaces de réflexion autour de l’égalité filles-garçons.
Un affichage thématique en lien avec le 8 mars et l’action “Tous.tes en violet” y a été installé, tandis qu’une sélection d’ouvrages (romans, bandes dessinées, documentaires, magazines) a été mise en valeur dans chaque BCD grâce à une boîte dédiée et à de petites étiquettes visibles apposées sur les livres.
En demi-groupes, les élèves ont découvert ces ressources à travers des présentations adaptées à leur âge, accompagnées de la lecture d’extraits choisis pour ouvrir la discussion. Ces lectures ont servi de point de départ à de mini-débats, riches et souvent très spontanés.
Les thèmes abordés ont été variés et essentiels :
Les élèves ont particulièrement bien participé, en proposant des exemples, des comparaisons et des remarques parfois très fines.
Une autre anecdote a marqué ces temps en BCD.
Alors que de petites étiquettes étaient préparées pour signaler les ouvrages de la sélection, un élève de CE1, a demandé s’il pouvait en prendre une. Lorsqu’il a compris qu’il ne s’agissait pas d’un marque-page, mais d’une étiquette liée au thème de l’égalité, il a répondu :
« Mais moi, j’aimerais bien en avoir une pour ne pas oublier l’égalité ! »
Une phrase aussi simple que lumineuse.
Elle a été si joliment formulée qu’une étiquette lui a été donnée, avec sa petite phrase écrite au dos en souvenir. Et ses camarades en ont déjà demandé pour la prochaine séance. Une belle idée de marque-pages de l’égalité est née de ce moment.
Au cycle 3, les élèves ont été invités à participer à un jeu autour des stéréotypes dans le sport, pensé pour interroger les représentations encore très ancrées autour des sports “de filles” et des sports “de garçons”.
Sous une forme ludique, cette activité a permis d’ouvrir de vraies discussions et d’amener les élèves à remettre en question des idées reçues qui s’installent parfois très tôt.
Cette réflexion a également été nourrie par une réflexion menée du côté des enseignants avec l’intervention d’Anne-Sophie Vasseur, rappelant que l’égalité filles-garçons ne se construit pas uniquement à travers des actions ponctuelles avec les élèves, mais aussi dans les pratiques, les regards et les postures des adultes qui les accompagnent.
Au collège et au lycée, la Semaine de l’égalité filles-garçons a pris la forme d’actions variées, complémentaires et très visibles.
Les élèves de Première ont ainsi assisté à la projection du film Partir un jour, suivie d’une rencontre avec la réalisatrice, offrant un temps d’échange précieux autour des représentations, des parcours et des regards portés sur les femmes.

Dans le hall, les élèves de 2B ont réalisé une exposition sur les inégalités filles-garçons, permettant de rendre visibles, de manière concrète et accessible, des réalités parfois encore banalisées.
Pendant les récréations, des stands de sensibilisation par le jeu ont également été proposés par le club des Impatient.e.s autour de plusieurs thématiques majeures :
Ces stands ont permis aux élèves de devenir eux-mêmes acteurs de la sensibilisation, dans une logique de transmission entre pairs, particulièrement forte et pertinente à cet âge.
Un panneau d’information au CDI a par ailleurs été consacré à des phénomènes contemporains préoccupants, tels que le masculinisme ou les discours associés aux tradwives, afin d’offrir des clés de compréhension et d’analyse sur des tendances qui circulent aujourd’hui largement sur les réseaux sociaux et dans les imaginaires adolescents.
Ce qui rend cette semaine particulièrement précieuse, ce n’est pas seulement la diversité des actions menées.
C’est la manière dont elles ont fait émerger, à tous les niveaux, des prises de conscience, des paroles, des questions, des sourires, parfois même des petites phrases que l’on n’oublie pas.
À travers les lectures, les débats, les jeux, les affichages, les stands, les expositions et les échanges, l’égalité filles-garçons a quitté le statut de “grand sujet abstrait” pour devenir une réalité abordée avec les élèves, dans leur langage, à partir de leurs représentations, de leurs réactions et de leur curiosité.
Et c’est peut-être là la plus belle réussite de cette semaine :
avoir fait de l’égalité non pas un simple thème à évoquer, mais une valeur à comprendre, à questionner et à faire vivre ensemble.